"Pas de planète de rechange",
une interview 
d'Emmanuel Mossay

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Adepte d'un modèle de civilisation plus résilient, le spécialiste  belge de l'économie circulaire Emmanuel Mossay fait un état des lieux sans concession de la situation de notre planète et nous fournit des pistes de réflexion et d'action pour redresser la pente. Sans jamais tomber dans la moralisation, Emmanuel Mossay nous rappelle avec lucidité que nous n'avons, hélas, pas de planète de rechange.

Bonjour Emmanuel Mossay. Pouvez-vous dire à nos lecteurs en quoi consiste l’économie circulaire et pourquoi elle est nécessaire aujourd’hui ?

 

Il existe plus de 114 définitions de l’économie circulaire. Cela signifie qu’il est possible d’implémenter la circularité des ressources tout en préservant ou non la planète et l’humanité. C’est pourquoi j’apprécie particulièrement la définition élaborée par l’ADEME (agence française de la transition écologique) et qui sert de guide pour le Plan Régional en Economie Circulaire de la capitale Européenne, dont je coordonne la mise en œuvre : « un système économique d'échange et de production qui, à toutes les étapes du cycle de vie des produits (biens et services), vise à accroître l'efficacité de l'utilisation des ressources et à réduire l'impact sur l'environnement tout en développant le bien-être des individus ».

Et j’ajouterais que la définition doit absolument respecter les priorités de l’Échelle de Lansink pour être la plus vertueuse possible. C’est d’ailleurs une recommandation qui a été implémentée par le Gouvernement de Wallonie dans sa déclaration de Politique Régionale 2019-2024.

L’économie circulaire est LA transformation indispensable des systèmes économiques pour au moins 3 grandes raisons :

1°) Les principes de la thermodynamique sont immuables sur Terre, et la vitesse d’extraction et de destruction des ressources naturelles est telle que même en considérant qu’il y aurait encore – pour certaines ressources minérales - des stocks accessibles (à un prix d’extraction qui ne ferait pas flamber les cours spéculatifs de ces matières) au maximum pour 6 à 10 générations, le temps de régénération naturelle des ressources, lui, se calcule en millénaires. Par ailleurs, la raréfaction de certaines matières essentielles à l’économie telle qu’elle existe aujourd’hui, telles que le pétrole (impactant tous les secteurs économiques) ou le sable (impactant directement le secteur de la construction) vont provoquer des bouleversements bien avant la fin du siècle.

Il me semble évident que les futurs chocs liés aux ressources naturelles viendront de Pékin (favorisant ses priorités économiques internes et utilisant celles-ci pour faire pression économiquement et politiquement sur les autres États) et de Chicago (Haut lieu de la spéculation des matières premières et des denrées alimentaires) car les premiers soubresauts apparaîtront quand les spéculateurs verront les signaux alarmants de prix de revient croissant pour extraire et transformer des ressources qu’ils ne connaissent qu’au travers de leurs écrans.

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"La raréfaction de certaines matières essentielles à l’économie telle qu’elle existe aujourd’hui, telles que le pétrole ou le sable vont provoquer des bouleversements bien avant la fin du siècle."

2°) Les « changements induits du changement (climatique, géopolitique, etc.) sont difficilement prévisibles ». Nous devons faire face à une accélération des crises polycentriques que je résumerais par l’acronyme S-P-E-E-D pour Sociale-Pandémique-Environnemental-Economique-Démocratique. Même si ces foyers de crises peuvent être identifiés séparément, tout est interrelié et chaque domaine impacte les domaines connexes, et ceci tant au niveau local et que mondial. C’est d’ailleurs un argument de taille pour compléter le cursus des universités et Hautes Ecoles ainsi que les méthodes de gestion des institutions et des entreprises par l’approche systémique. Celle-ci permet notamment d’identifier les interrelations entre les objets au sein d’un même système et entre systèmes, et d’approcher leurs complexités ainsi que d’explorer les scenarii traçant leurs évolutions potentielles, et de favoriser les boucles rétroactives les plus régénératives. La théorie des systèmes, l’économie systémique est l’ADN de l’économie circulaire.

3°) En tant qu’Européen-ne-s, nous sommes encore plus concernés par la révolution circulaire de notre économie car notre ultra-dépendance en termes d’approvisionnement en matières premières raffinées et en produits finis principalement en provenance de Chine est une énorme fragilité, voire un risque majeur en termes de souveraineté de l’Union Européenne. Des ruptures de produits (+ de 600 médicaments en ruptures depuis 2019, les simples équipements de protection individuels devenus des enjeux vitaux en début de pandémie, etc.), de matériaux (semi-conducteurs, etc.) impactent nos entreprises aujourd’hui et le phénomène va certainement encore s’accentuer. La main invisible et libre, occidentale, devient progressivement la prolongation d’un bras oriental de plus en plus visible et dirigé.

Les TechnOptimistes pourraient argumenter en prétextant que nous avons toujours innové et trouvé des solutions, mais comment procéder si nous sommes dépendants des processus d’extraction, de production et de livraison Chinois ? En circularisant les ressources disponibles sur nos territoires, en puisant dans les mines urbaines, nous pouvons réduire la pression sur les ressources naturelles et notre dépendance aux approvisionnements asiatiques, recréer de l’activité économique localement, des emplois qualifiés et infra-qualifiés peu délocalisables, et augmenter notre résilience. Certains estiment qu’une décennie serait nécessaire pour y arriver, mais cela nécessite une réelle ambition politique et économique.

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"Alignez-vous et votre équipe sur les priorités sociétales auxquelles vos compétences, vos connaissances, vos envies peuvent répondre en créant collectivement une valeur ajoutée à trois niveau (environnemental, social, et économique)."

D’un point de vue personnel, y a-t-il eu un événement qui a créé un déclic qui vous a persuadé à affiner, pratiquer et amplifier ce modèle ?

 

En début de la pandémie, le dimanche 15 mars 2020, la Ministre dans la santé (belge) annonçait que le stock stratégique des masques avait été détruit quelques mois plus tôt et que la deuxième tentative de commandes massives de masques se soldait une fois de plus par un échec. Caroline, ma compagne travaillant dans une clinique 20 ans, devrait travailler pendant plusieurs semaines sans protection, risque de contracter et de transmettre ce virus, les hôpitaux risquaient de devoir stopper leurs activités vitales, car l’un des pays les plus riches au monde n’avait pas la capacité d’être livré en produits qu’il avait la capacité de produire il y a moins de 50 ans ! J’ai décidé de mettre tous mes projets du moment en pause pour me concentrer à 300% à la coproduction de masques, en partant de rien (aucune connaissance en couture, aucune connaissance des normes et textiles adéquats, ni des acteurs-clefs, encore moins des sources d’approvisionnement). Après 6 semaines, en créant un consortium d’une vingtaine d’acteurs hybrides (coopératives, entreprises d’économie sociale, entreprises conventionnelles, institutions, etc.) et de 2.200 couturier-e-s (produisant à leurs domiciles en raison du confinement, nécessitant la coordination et la réalisation de +6.600 trajets en cargo-bikes) nous avons livré 240.400 masques réutilisables aux premières lignes de soins de la Région de Bruxelles-Capitale, soit l’équivalent de +/- 20% de la population. C’était pour moi la meilleure démonstration qu’il est possible de relocaliser certaines activités économiques, au travers d’une approche circulaire.

Quelles sont les étapes pour lancer une entreprise appliquant les principes de l’économie circulaire ?

 

Comme expliqué dans le livre Shifting Economy ( à la fin de l'article, lien du livre disponible gratuitement), il est essentiel de coupler les principes de la transition circulaire sur le plan professionnel à une démarche plus personnelle. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la transition prend du temps, car elle implique un réel travail en profondeur sur soi, et sur son cœur d’activité.

 

Voici en résumé, les grandes étapes proposées :

 

1°) Alignez-vous et votre équipe sur les priorités sociétales auxquelles vos compétences, vos connaissances, vos envies peuvent répondre en créant collectivement une valeur ajoutée à trois niveau (environnemental, social, et économique).

 

2°) (re-)pensez votre écosystème, vos alliances, en fonction des contributions immatérielles et immatérielles les plus élevées que vous pouvez partager avec vos parties-prenantes pour contribuer à la transition. Il existe 7 niveaux de valeurs pour lesquels vous pouvez échanger avec vos principaux partenaires, Trois sont tangibles : les matériaux, la finance, et les impacts sur votre territoire. D’autres sont immatériels, et souvent oubliés malgré leurs importances : la communication (interne & externe), les émotions (motivation de votre équipe, de votre « communauté », etc.), les connaissances, et enfin la contribution au bien commun.

 

3°) Vérifiez la cohérence de votre entreprise, votre business plan, vos processus avec les règles de la nature. Cela peut étonner certaines personnes, mais la nature est notre meilleure guide pour être résilient et régénératif. En synthèse, voici les 8 grands principes à respecter:

- Fonctionner avec de l’énergie naturelle et n’utiliser uniquement que l’énergie optimale réellement nécessaire

- Adapter la forme selon l’utilisation

- Etre systémique et circulaire

- Coopérer, y compris avec ceux que vous considérez comme concurrents, notamment dans les domaines peu stratégiques pour lesquels vous pouvez mutualiser des ressources.

- Construire un réseau d’alliance diversifié

- Maitriser les excès (et externalités) de votre entreprise de l’intérieur

- Fonctionner localement (pour les éléments les plus lourds tels que les matériaux) et trans-localement (pour les éléments légers : connaissances, etc.)
- Convertir les limites en une « nouvelle vie » (en une nouvelle entreprise)

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Avec l’arrivée de la pandémie, on a constaté une hausse substantielle du travail à domicile, pensez-vous que cela puisse avoir un impact sur le fonctionnement de l’économie circulaire et, si c’est le cas, de quelle manière ?

 

Deux tendances s’amplifient. D’une part des citoyen-ne-s qui se recentrent sur l’essentiel, la famille, les amis, leurs liens avec la nature, leurs quartiers, et l’écosystème économique proche, en reconnaissant aussi la valeur des artisan-e-s et commerçant-e-s de proximité, ainsi qu’une mobilité plus douce comme moyens de résilience efficaces face aux défis pandémiques et climatiques, avec le développement de sites d’e-commerce visant la durabilité (des produits et des solutions logistiques proposés). D’autre part des personnes qui décident de travailler à distance en considérant leur appartement ou une plage située à 3 heures de temps de vol (low cost) comme étant des moyens équivalents de vivre la pandémie, il y a aussi la croissance effrénée d’offres d’e-commerce « du quart d’heure », organisées à partir de centres logistiques automatisées suburbaines ou d’épiceries urbaines fantômes, livrées par des personnes sous-payées et dont les performances sont évaluées, transformant ceux-ci en robots. Ces deux tendances ont bien entendu des impacts totalement inverses sur la révolution circulaire en cours.

 

Est-ce que des métiers solitaires, comme les métiers artisanaux ou artistiques, peuvent adopter ce modèle, qui a une forte dimension collective ?

 

Oui mais en alliance. L’économie circulaire est par définition une économie inter-reconnectée, voire même hybridée. Il existe déjà des groupements tels que le cluster CircleMade de la Région de Bruxelles-Capitale réunissant les artisan-e-s de l’économie circulaire. Aussi je suis persuadé que les artistes et artisan-e-s sont les magicien-ne-s qui créent la valeur ajoutée dans produits réinventés (reconditionnés, réparés, upcyclés, re-usinés).

En 2015, la conférence de Paris sur le climat a fait miroiter de belles promesses, laissant penser que le problème du changement climatique allait enfin être réglé, mais très peu de ces engagements ont été tenus. Comment expliquez-vous une si grande lenteur ?

 

Le multilatéralisme est lent. C’est un processus complexe, comme la démocratie, qui prend du temps. Malheureusement les bouleversements des systèmes climatiques s’accélèrent et ne laissent pas aux diplomates du climat le temps de s’aligner. L’agenda politique de l’Inde est différent de celui de la Chine, de la France ou encore du Brésil.

 

Il s’agit aussi d’un changement de paradigme dans lequel certains décideurs n’arrivent pas à se projeter car ils réfléchissent trop à court terme (mon mandat de 5 ans) et avec des réflexes limités et linéaires (relancer la consommation à tout prix, pour développer la production, ce qui permettra d’augmenter les rentrées fiscales, réduire les inégalités, bref de créer une cascade de ruissèlements fiscaux & sociaux positifs). Ce ruisseau linéaire, quasi unique mode de pensée d’une majorité de mandataires politiques, a partiellement fonctionné à l’échelle locale il y a plusieurs décennies, mais aujourd’hui les fuites à l’échelle mondiale sont de plus en plus nombreuses : évasions sociales, fiscales, etc. Ce changement de paradigme nécessite une réelle adaptation des modes de pensées qui ne font pas partie des pratiques de la majorité des mandataires politiques actuels.

 

L’enjeu est de transformer le système économique de l’intérieur. Comme l’explique Michel Bauwens, fondateur de la P2PFoundation :

« Tout ce qui est lourd (ressources matérielles, etc.) devrait être local, et tout ce qui est léger (connaissances, etc.) transnational ». Cela implique de réécrire l’équation économique (occidentale) actuelle qui favorise le consommateur, et non le travailleur et encore moins le citoyen. Cela demande une révolution fiscale et donc une vision, de l’ambition et de la coordination. Espérons que l’annonce récente du nouveau rapport effrayant du GIEC à propos de notre planète pourra engendrer des décisions politiques fortes, pertinentes et cohérentes.

 

L’Union Européenne a encore une fenêtre de négociation entre-ouverte pour favoriser l’émergence de nouveaux standards plus élevés pour lutter contre les injustices sociales et respecter les limites planétaires. Va-t-elle la saisir ? Nous aurons la réponse en avant-première lors de la publication de la taxonomie Européenne qui déterminera les nuances de vert du Greendeal de l’UE.

"L’Union Européenne a encore une fenêtre de négociation entre-ouverte pour favoriser l’émergence de nouveaux standards plus élevés pour lutter contre les injustices sociales et respecter les limites planétaires. Va-t-elle la saisir ?"

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Les violents bouleversements climatiques de ces dernières années donnent clairement raison aux défenseurs de l’économie circulaire. Quelles mesures appliquer pour persuader les entrepreneurs à amorcer plus rapidement le changement, sachant que nous n’avons pas de planète de rechange ?

 

Le cerveau humain est complexe et ses méandres permettent une myriade de stratagèmes quand il s’agit de changer : minimisation, déni, autocongratulations pour des gestes bénéfiques dont l’impact réel est virtuellement amplifié, etc. mensonges, … Et la liste est encore longue.

 

Nous savons aussi que la transition se réalisera collectivement ou ne se réalisera pas complètement, avec les conséquences décrites par le GIEC. Cela signifie que nous, les « transitioners » avons l’obligation d’être « bilingue » et traduire en actes concrets la transition, dans la langue de celles et ceux qui n’ont pas encore pris le chemin du changement, par peur ou par déni. Par contre ne perdez pas de temps avec ceux qui ne veulent pas changer par intérêt personnel.


 

"Il est toujours plus facile de critiquer, dénigrer et saper les actes concrets en faveur de la résilience climatique que de les mettre en œuvre sans embûches."

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Des multinationales comme Danone ou le géant indien Tata font de la responsabilité sociale et environnementale leur marque de fabrique. Pensez-vous qu’elle puisse être appliquée de manière vraiment efficace par des entreprises de cette taille ?

 

Oui je pense que c’est possible et indispensable en raison de leur empreinte terrestre, mais c’est beaucoup plus complexe en raison de leur taille, des contre-mouvements internes. Il est toujours plus facile de critiquer, dénigrer et saper les actes concrets en faveur de la résilience climatique que de les mettre en œuvre sans embûches. J’applaudis d’ailleurs les personnes qui font le maximum pour changer réellement ces mastodontes de l’intérieur, c’est tout aussi compliqué que de lancer une nouvelle entreprise 100% durable et éthique. Les acteurs du changement au sein de ces multinationales ont un triple rôle essentiel et complexe :

1- Démontrer concrètement au sein de leurs entreprises, en pair-à-pair, les changements possibles, et parfois aussi démontrer qu’il s’agit d’opportunités sur le plan économique ;
2- Pratiquer la transition, même au sein de leur entreprise, contribuer à leur niveau, pour initier les futurs grands changements, réintégrer une partie des externalités et les piloter elles/eux-mêmes ces projets ou quitter leur entreprise qui en créer une autre, grâce aux connaissances et pratiques développées.
3- Préparer les fondations pour une future économie plus résiliente, qui pourra se débloquer et s’accélérer au fil des futurs événements climatiques extrêmes qui ouvriront progressivement la conscience de la « majorité dormante ».

Les décideurs misent souvent sur la bonne foi des gens pour adopter des mesures de durabilité. Faut-il des États plus coercitifs, qui sanctionnent sans hésiter, ou une population plus responsable, qui est bien renseignée et prend sans contrainte les bonnes décisions ?

 

On connaît le résultat de la main invisible (plus d’externalités sociales et environnementales), alors pourquoi seules les « mains des consommateurs » devraient être responsables du choix des « bons produits » ? En Belgique, il existe plus de 800 labels. Et seulement 1% des consommateurs lit et comprend l’intégralité des compositions de produits mentionnés sur les emballages. Il me semble par conséquent nécessaire de favoriser une plus grande responsabilisation des entreprises. Elles disposent de toutes les informations et connaissances de leurs chaînes de valeur pour prendre les décisions les plus durables et régénératives, et réduire leurs externalités directes et indirectes.

 

Dans le cadre de plusieurs missions, je côtoie des Ministres, qui me disent limiter la pression de peur que les entreprises ne se délocalisent, et des chef-fe-s d’entreprises qui me disent sans exception qu’elles-ils sont prêt-e-s à respecter des normes plus élevées, mais à une condition : celles-ci doivent s’imposer à l’ensemble des produits et services proposés dans un même secteur. La négociation relative à ces futures normes plus exigeantes doit se réaliser au niveau supranational, au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce.

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Nous savons que vous êtes très actif dans le domaine de l’économie circulaire, bien au-delà des frontières de la Belgique, que vous enseignez dans plusieurs universités :Louvain-La-Neuve, Namur, Liège et Bruxelles. Mais où peut-on, depuis la Suisse (ou d’autres pays), suivre vos travaux ?

 

Je ne cherche pas forcément des « followers », d’abord parce que je me considère en recherche permanente de solutions et ne détiens donc aucune vérité, et aussi parce que mon focus actuel est de contribuer à la transition en dialoguant avec les décideurs économiques et politiques, et à accompagner des territoires, des entreprises et institutions dans leurs transitions opérationnelles. C’est pourquoi je n’ai pas de site dédié, en dehors de ma page LinkedIn orientée vers les actions et les échanges d’exemples inspirants et de méthodologies pragmatiques, comme celles qui sont disponibles librement dans le livre Shifting Economy. Et comme l’explique Arthur Keller, chacun doit choisir son rôle dans la transition, et je préfère que des professionnel-le-s de la diffusion, tels que Muses-Mag se charge de partager les réflexions au plus grand nombre.

 

Vous avez le mot de la fin. Que souhaiteriez-vous dire aux lecteurs de Muses-mag ?

 

Agissez au niveau le plus proche de vous, votre entreprise, votre université, votre institution, votre rue, vos proches en visant des changements pérennes (ex : GASAP). Car c’est sur le terrain opérationnel que les changements s’effectuent, et cela vous permet aussi de voir concrètement le changement, de nous motiver collectivement, et aussi servir de base pour les futur-e-s citoyen-ne-s qui rejoignent progressivement le mouvement de la transition, par choix … ou bientôt par obligation.

 

Merci, Emmanuel Mossay, d’avoir répondu à nos questions.

Découvrez le travail de Monsieur Mossay

et téléchargez gratuitement son livre en cliquant sur ces liens:

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